dimanche 28 novembre 2010
jeudi 4 novembre 2010
lundi 1 novembre 2010
samedi 30 octobre 2010
jeudi 28 octobre 2010
Constantin Cavafy (1)
J'ai tellement fixé la beauté
que mes yeux en sont pleins.
Lignes des corps, lèvres rouges, membres voluptueux.
Chevelures comme empruntées
à des statues grecques ; toujours belles
même si en désordre, et qui tombent,
un peu, sur la blancheur des fronts.
Visages de l'amour comme les voulait mon art...
Dans les nuits de ma jeunesse,
dans mes nuits, furtivement rencontrés...
Constantin Cavafy, Poèmes, Ed. Héros-Limite
que mes yeux en sont pleins.
Lignes des corps, lèvres rouges, membres voluptueux.
Chevelures comme empruntées

à des statues grecques ; toujours belles
même si en désordre, et qui tombent,
un peu, sur la blancheur des fronts.
Visages de l'amour comme les voulait mon art...
Dans les nuits de ma jeunesse,
dans mes nuits, furtivement rencontrés...
Constantin Cavafy, Poèmes, Ed. Héros-Limite
lundi 25 octobre 2010
dimanche 24 octobre 2010
Erri De Luca (2)

.....Nous mangeons doucement en silence.
....Devant la nourriture, mes gestes se font plus lents. Làila se met à mon rythme et je vois son adagio prendre une grâce intense. Mon désir de la toucher s'accentue.
....Puis je sens que sa voix s'effrite, comme les sons au seuil du sommeil. Je l'entends me demander quelque chose et je lui réponds d'une seule partie de moi-même. L'autre, dans laquelle je me trouve, écoute la voix s'en aller, sans gouverne.
....Je commence par une musique, puis viennent des phrases d'une vie lointaine et je suis impuissant à les arrêter.
....Ils nous massacrent tous, ceux de la révolte.
....Nous giclons d'une cachette à l'autre.
....Nous portons sur nous l'odeur de la peur. Dans la rue, les chiens le sentent et nous suivent.
....Dans la fuite nous cherchons une vengeance.
....L'Argentine arrache une de ses générations au monde comme le fait une folle avec ses cheveux. Elle tue sa jeunesse, elle veut s'en passer. Nous sommes les derniers.
....Je suis ici depuis des années pour aimer une femme et maintenant je suis en guerre.
.......Ils nous massacrent tous, ceux de la révolte.
....Nous giclons d'une cachette à l'autre.
....Nous portons sur nous l'odeur de la peur. Dans la rue, les chiens le sentent et nous suivent.
....Dans la fuite nous cherchons une vengeance.
....L'Argentine arrache une de ses générations au monde comme le fait une folle avec ses cheveux. Elle tue sa jeunesse, elle veut s'en passer. Nous sommes les derniers.
....Je suis ici depuis des années pour aimer une femme et maintenant je suis en guerre.
Erri de Luca, Trois chevaux, Gallimard
samedi 23 octobre 2010
Erri De Luca (1)
J'attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
J'attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.
J'attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s'est pas épargné, à deux vieux qui s'aiment.
J'attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd'hui vaut peu de chose.
J'attache de la valeur à économiser l'eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s'asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J'attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J'attache de la valeur au voyage du vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quelle que soit sa faute.
J'attache de la valeur à l'usage du verbe aimer et à l'hypothèse qu'il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.
Erri De Luca, Œuvre sur l'eau, Poésie Seghers
Inscription à :
Articles (Atom)


