Les grenades ouvertes qui saignentsous une mince et pure couche de neigele bleu des mosquées sous la neigeles camions rouillés sous la neigeles pintades blanches plus blanches encoreles longs murs roux les voix perduesqui cheminent sous la neigeet toute la ville jusqu'à l'énorme citadelles'envole dans le ciel mouchetéC'est Zemestan, l'hiver.
lundi 20 février 2012
Nicolas Bouvier (6)
dimanche 19 février 2012
Franck Venaille (5)
Je suis maintenant sur une vaste place vide. Personne ne viendra se joindre à moi à cette heure. La cité tout entière m'appartient, la ville et Dante qui sortira à minuit de cette ruelle (celle-ci). Amassés devant les portes du palais les journaux ne résistent pas à la tempête et bientôt s'envolent. Leurs feuilles suivent ou accompagnent la violence du vent. On dirait d'immenses oies sauvages qui se battent, se combattent jusqu'à la mort, ailes déployées becs d'acier. Se heurtant aux murs. Tout cela noir et blanc.La lagune est sombre. Foutaises ! Elle est ce que les hommes en font. Des pas résonnent, là-bas, Quelqu'un (mon père ?) traverse le ghetto. Sa douleur ne se mesure pas.C'était là chose à dire.
samedi 18 février 2012
Franck Venaille (4)
Je porte l'insomnie en moi comme autrefois mes ancêtres flamands la peste.
Rien pourtant ne me désigne au regard d'autrui. Rien.
Les nuits sans étoiles, yeux bandés, je démonte, nettoie, graisse puis remonte
mes armes.
Toujours dans le noir
C'est alors que je peux m'adresser à mes morts.
Qui sans montrer leur amertume, me répondent et nous devisons entre amis
d'une nouvelle stratégie militaire.
Les morts ont la parole. Qu'ils la gardent !
Seul mon père à l'écoute juge sévèrement la manière dont je vis.
SAN FRANCESCO DEL DESERTO
* *
Clapotement léger
L'aube sur cette scène du monde où des îles naissent dans la nuit.
Les vagues crevées. Le bois pourri. L'odeur d'essence. Et la brume sur tout cela.
D'autres
murs.
Des façades grillagées qui furent comme autant d'appels au secours.
Autrefois des hommes avaient vécu ici. Et probablement travaillé dur.
Clapotis léger.
Fatigué par ma vie (Je) le suis !
CANALE DESE
* *
J'ai grand lassitude à vivre.
Repos, amis, laissez-moi m'arrêter un instant.
Les eaux mêlées. Là. M'entourant.
Ce que les jours pèsent parfois ce qu'ils pèsent !
Cela en devient trivial, non ?
Tout ce que j'abandonne pour, immédiatement
le reprendre.
Les mains d'anciens conflits me brûlent.
Tandis que le froid fissure cette terre ocre une fois encore.
PALUDE DI SAN GIACOMO
* *
Le calme de l'infini au soleil couchant.
A l'endroit où les deux eaux se rejoignent cela se joue sur quelques mètres
nécessaires pour une rixe d'autrefois entre enfants de la Côte.
Puis, peu à peu - clac et clac - le vent de la lagune étendait ses drapeaux et cela
claquait dans l'air.
Notre barque prenait part à la danse.
Je posais mille questions à qui dirigeait la manœuvre gagnant là un moment de
lucidité.
Il avait quitté le monastère. Il en souffrait.
Se serre mon cœur d'y penser.
PALUDE DELLA ROSA
* *
samedi 28 janvier 2012
dimanche 1 janvier 2012
samedi 31 décembre 2011
Guillevic (10)
Tu n'en finiras donc jamais ?
Encore un poème,
Encore un,
Cette pensée t'agace
Et même elle t'affole.
Ce besoin d'infini
Qui fait bouger la mer.
Mais si une fois
Tu arrêtais pour de bon,
Tu serais un creux
Comme entre deux vagues.
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